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Paysage italien avec arche par Jean-Victor Bertin

Jean-Victor Bertin (1767-1842), Paysage italien avec arche, 1818. Huile sur toile, 409 x 278 cm. Château de Maisons-Laffitte © Reproduction Philippe Berthé / CMN

Documentation

La grande salle du premier étage était ornée à l’origine de tapisserie, déposées lors de la Révolution Française. Aujourd’hui, les entre-fenêtres sont ornées de paysages d’Italie réalisés par les peintres Jean-Joseph-Xavier Bidault et Jean-Victor Bertin et commandés par Jacques Laffitte en 1818-1820.

Suzanne Gutwirth, Jean-Victor Bertin (1767-1842). Un paysagiste néoclassique, thèse de l’École de Louvre, Paris, École du Louvre, 1969.

Suzanne Gutwirth, « Jean-Victor Bertin, un paysagiste néoclassique (1767-1842) », Gazette des beaux-arts, no LXXXIII, mai-juin 1974, p. 337-35.

Œuvres en rapport

Jean-Victor Bertin est à ses débuts élève de Gabriel-François Doyen (1785) au sein de l’Académie royale de peinture, avant de poursuivre sa formation auprès de Pierre-Henri de Valenciennes, grand artiste et théoricien de la peinture paysage. Sous son influence, Bertin devient très actif dans la défense du « genre » du paysage, à l’époque toujours considéré comme un genre mineur dans la hiérarchie de l’Académie. Il propose même à celle-ci la création d’un prix spécifique pour le « paysage historique » dès 1801, proposition qui n’est adoptée que seize années plus tard, en 1817.

Il expose régulièrement aux Salons de 1793 à 1842 et obtient plusieurs récompenses au cours de sa carrière. Bien que rattaché au courant classique, Bertin fait évoluer sa technique picturale tout au long de son travail. Une nouvelle génération de peintres paysagistes se forme dans son atelier, parmi lesquels Camille Corot, Léon Fleury, Jean-Charles-Joseph Rémond et Jules Coignet.

En dépit de cette ouverture esthétique, le paysage exécuté vers 1818 dans le cadre d’une commande décorative, est marqué par un classicisme très présent au regard de l’œuvre de Jean-Joseph-Xavier Bidauld, qui conçoit vers 1790 un paysage de Narni avec le pont d’Auguste (collection particulière) bien plus précis dans ses notations réalistes et beaucoup plus vifs dans les contrastes des coloris.

Jean-Victor Bertin offre ici un paysage néoclassique typique, dans une composition que l’on trouve dans d’autres œuvres (Vente Sotheby’s, New York, 27. 01. 2011) avec une facture émaillée et des tonalités bleu lavande, très douces, à l’arrière-plan, à peine animé par des nuages et une cascade. Si le peintre campe des personnages pittoresques, rappelant la réalité de l’Italie, dans l’ombre dextre du tableau, il peint, à senestre, un cavalier improbable, muni d’une lance, émerge des flots, telle une figure mythologique vêtue de vêtements modernes, lointain modèle hérité de Nicolas Poussin ou de Claude Lorrain. Jean-Victor Bertin répond aux exigences du paysage historique ou « héroïque », fondé sur l’imagination et la recomposition de la nature en atelier.

Morwena Joly, conservateur du patrimoine

 

Jean-Joseph-Xavier Bidauld (1758-1846), Paysage de Narni avec le pont d’Auguste, Italie, vers 1790. Huile sur papier marouflé sur toile, 19 x 25.5 cm. Coll. Part

 

Jean-Victor Bertin (1767-1842), Paysage italien avec arche, 1818. Huile sur toile. Vente Sotheby’s, New York, 27. 01. 2011 © Sotheby’s

Œuvre à la loupe

 

 

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